vendredi 30 septembre 2016

Des garanties civiques dans l’habitat participatif

Aujourd’hui paraît en ligne la RFCP n° 7.

On peut y lire un entretien avec Michele DOMINICI sur la pièce à la demande ainsi qu’un compte-rendu de l’ouvrage de Jean-Marc ROUX sur les copropriétés en difficulté. Un avis sur l’appel à projets du PUCA en matière de transition juridique est également donné.

Surtout, ce numéro contient une étude stratégique et une analyse théorique pour répondre à certaines interrogations et objections souvent formulées. Pourquoi le LGOC ne s’inscrit-il pas dans le mouvement coopératif classique ? Pourquoi n’est-il pas subventionné ? Comment son action va-t-elle perdurer s’il n’est pas payé ?

Le LGOC a été créé dans l’optique de défendre le garantisme civisme.

Ni l’Etat, ni les grands groupes financiers, ni les collectivités territoriales, ni les universités ne défendent ce point de vue pour l’instant. S’ils changent d’avis, nous serons heureux qu’ils nous rejoignent…

En attendant, que les choses soient claires : la défense du garantisme civique est spécifique au LGOC. On ne peut pas compter sur les autres pour la faire progresser. Dès lors, il ne faut pas se faire d’illusion. Personne ne va payer pour la promotion d’idées qu’il ne partage pas. Si nous avions attendu des subventions ou des soutiens financiers, nous n’aurions rien fait du tout.

Cela ne veut pas dire que nous sommes des imbéciles et que nous allons fournir des prestations gratuites à n’importe qui.

Le LGOC défend de manière explicite, articulée et répétée certains principes pour rendre pérenne l’action collective.

Ce sont les règles de réciprocité, d’intermédiation, de rotation, de regards croisés et de vérification.



Celui qui veut bénéficier du soutien des autres doit accepter de les soutenir aussi. C’est la réciprocité. La prestation n’est pas une aide à sens unique que l’on extorque à des individus fragilisés et précaires dont on se désintéresse ensuite.

Dès lors, quand on attend quelque chose d’une personne, il faut se soucier de l’environnement où elle évolue, non tenter de capter un service sans veiller à la formation des prestataires de qualité et à la transmission des savoirs utiles. Cette dimension collective oblige à ne jamais s’adresser directement à un individu, mais à toujours passer par un collectif structuré pour réfléchir à cette continuité de l’action. C’est l’intermédiation.

Ensuite, concernant ce collectif, il faut que les personnes alternent dans son animation pour éviter la fracture entre dirigeants omniprésents et dirigés passifs. C’est la rotation. On notera que ce troisième principe renforce les deux premiers, car en cas de rotation, la réciprocité s’impose et l’intermédiation est impliquée par la dimension collective.

Enfin, il faut éviter que le collectif ne soit pas soumis à des copains d’animateurs qui font ce qui leur plait. Ceux qui dirigent le groupe à titre temporaire ne doivent pas être contrôlés par des personnes liées à eux par des intérêts. C’est le principe des regards croisés. Lui seul permet une vérification, c’est-à-dire l’existence de traces qui permettent à chacun de juger si les quatre premiers principes sont respectés.

Le garantisme civique est donc basé sur ces cinq principes concrets et opérationnels. Sauf erreur de la part du LGOC, ils ne sont pas appliqués ni dans le monde de l’immobilier, y compris par ceux qui se targuent d’être des coopérateurs, ni dans l’univers de l’action publique.

Ceux qui prétendent être de meilleurs défenseurs du garantisme civique que le LGOC sont invités à s’expliquer sur leur silence, qui viole les principes de vérification et de regards croisés.

Si l’association qui élabore le présent blog prend la peine de beaucoup intervenir sur le net et de rencontrer des universitaires ou des acteurs privés novateurs, c’est justement parce que le garantisme civique repose sur le fait d’énoncer publiquement ses principes et de les soumettre aux regards de gens différents.

Bien entendu, il ne s’agit pas de jeter la pierre à ceux qui en ont fait moins que le LGOC pour défendre le garantisme civique. Chacun ses choix. Nul n’est parfait. Pas même nous…

Chacun a le droit de promouvoir le consumérisme (où l’on consomme sans souci des prestations), l’avant-gardisme (ou l’on s’en remet à une élite éclairée), le tribalisme (où l’on suit aveuglément les dirigeants institutionnels en place dans son propre groupe) ou la lutte des places (par laquelle on cherche un statut individuel avantageux à n’importe quel prix). Dans tous ces cas, cela revient à combattre le garantisme civique, et il ne faut pas s’étonner d’être mal accueilli quand on veut formuler des demandes ou des conseils à l’égard du LGOC.



Ceux qui veulent nous présenter des sollicitations, ou même nous suggérer des solutions, doivent donc être plus attentifs. C’est avec plaisir que nous écoutons les réactions de chacun, à condition qu’elles ne soient pas absurdes.

De la même manière qu’il n’appartient pas à une personne qui n’est pas baptisée et n’a aucune culture biblique de donner des leçons de christianisme au pape, ceux qui ignorent tout du garantisme civique n’ont aucune légitimité pour adresser des instructions au LGOC.

Quant à ceux qui ont versé toute leur vie dans la lutte des places, le consumérisme ou le tribalisme et qui pleurnichent parce que le monde n’est pas favorable au garantisme, on peut penser qu’ils ont gagné ce qu’ils ont mérité.


Alors Français, encore un effort pour devenir des défenseurs convaincants du garantisme civique !