vendredi 11 novembre 2016

Un châtiment légitime pour les consuméristes



Les copropriétaires peuvent à juste titre fustiger les mauvaises pratiques dont ils sont victimes.

Par contre, quand ils continuent à travailler avec des prestataires douteux, ils finissent par gagner ce qu’ils méritent. Ensuite, qu’ils ne viennent pas geindre devant le LGOC. Ce dernier a autre chose à faire qu’écouter des personnes responsables de leur triste sort.

Prenons l’exemple de la gestion des syndics. Certains sont plus ou moins scrupuleux et sérieux, mais moins ils laissent de traces pour être évalués, moins ils sont fiables. Rompre avec la loi du silence est donc essentiel. Contraindre les syndics, professionnels ou non, à soumettre leurs actes à vérification est indispensable pour éviter de leurs voir basculer dans l’omnipotence.

Les copropriétaires qui souhaitent vérifier la qualité des professionnels de l’immobilier peuvent, dès lors, s’organiser. Par contre, si c’est pour créer des associations de prestataires qui refusent elles-mêmes d’être contrôlées, cela n’a aucun intérêt. L’omerta est exactement ce qu’il faut combattre. Aussi, les associations qui pratiquent l’omerta sont radicalement inaptes à représenter et défendre des copropriétaires.

Aussi, toute association qui prétend défendre les copropriétaires doit mettre en ligne tant ses statuts que ses procès-verbaux d’assemblées générales et de réunions du conseil d’administration.

Si, par extraordinaire, un président se croit autorisé à révoquer des membres du conseil d’administration, il doit le notifier publiquement sur internet et justifier de la possibilité que les statuts lui laissent pour le faire. Si des adhérents sont évincés, il faut justifier du respect des procédures prévues à cet effet dans les statuts (quitte à ne pas divulguer en ligne le nom de la personne radiée). Si un conseil d’administration se croit en mesure de révoquer un président ou un dirigeant, même au cas où les statuts lui donnent ce pouvoir, le procès-verbal doit être public, ne serait-ce que pour prévenir l’ensemble des consommateurs.

Ensuite, une association qui prétend défendre les copropriétaires doit refuser tout argent de la part des syndics professionnels, des locataires ou des pouvoirs publics. De la même manière que le syndicat financé par des salariés ne peut pas défendre les patrons, ceux qui dépendent des locataires ne peuvent oser dire qu’ils défendent aussi les propriétaires. C’est un conflit d’intérêt grossier.

Dès lors qu’elle ne respecte pas ces règles exigeantes et concrètes, une association ne peut pas décemment prétendre défendre les copropriétaires du point de vue du LGOC.

En effet, le premier des principes sur lequel se fonde le garantisme civique prôné par le LGOC est la vérification. Quand on cache ses procès-verbaux ainsi que l’identité successive des dirigeants, on ne peut plus prétendre avoir un rapport sain avec la population.

Le second principe essentiel est celui du regard croisé. Quand on prétend contrôler les syndics professionnels ou défendre les propriétaires face aux locataires, on a mauvaise grâce à accepter les financements des syndics professionnels, de prestataires ou des locataires.

Le LGOC appelle tous les copropriétaires à refuser d’adhérer à des associations qui violent grossièrement les principes de vérification et de regard croisé.

Une association qui défend ouvertement les locataires ne peut pas défendre des copropriétaires. Une association qui est payée par des syndics professionnels, ou des prestataires proches d’eux, non plus. Une association qui cache l’identité de ses dirigeants et le contenu de ses assemblées générales non plus.

Tenez-le pour dit et cessez de vous lamenter si vous oubliez ces recommandations.

Le LGOC regrette d’avoir laissé dans ses publications la parole à des associations qui violent ces principes (même si elles prétendaient vouloir les respecter). Cela ne se reproduira plus.

Par contre, le LGOC ne se prive pas de la possibilité de discuter avec des associations qui, certes, ne respectent pas les principes de vérification et d’intermédiation, mais qui ne prétendent pas défendre les copropriétaires.

Le LGOC lui-même, d’ailleurs, vise à fédérer des défenseurs du garantisme civique. Du coup, il ne pratique les principes de vérification et de regard croisé que vis-à-vis de ses propres membres et ne prétend pas défendre les copropriétaires ou les locataires en général, et encore moins ceux qui ont collaboré avec des associations pratiquant l’opacité et le mélange des genres.

Et si la violation des principes que prône le LGOC a des conséquences catastrophiques pour ceux qui ont refusé de nous écouter, tant pis pour eux.

Quand on tolère les agissements de filous pratiquant l’invective, la discrimination, les conflits d’intérêts et la mauvaise foi, il ne faut pas s’étonner des suites prévisibles. A force de s’enrichir à coups de mensonges éhontés et d’outrances, ces individus malhonnêtes peuvent arriver au gouvernement. Dans ce cas, c’est toute la nation qui est discréditée aux yeux du monde, et c’est exactement ce qu’attendent les ennemis de notre pays.

En outre, quand on laisse prospérer les malotrus, l’indifférence des citoyens face au sort de l’Etat est prévisible. Une société qui suscite l’écœurement n’entraîne ni abnégation, ni dévouement, mais plutôt aigreur, vigilance et extrême hostilité à toute demande de sacrifices.

Que ceux qui se plaignent de ces dérives arrêtent de troubler l’ordre public en France ou aux Etats-Unis… Quand le mal est fait, c’est un peu tard pour protester. C’est avant qu’il faut lutter contre l’impunité, et cela exige du sérieux pour décrire les mauvaises pratiques, de la méthode pour accepter le débat public et du courage pour tenir bon face à l’hostilité des malveillants coalisés.

Ensuite, quand les filous sont au pouvoir, il n’est plus temps de parler de réconciliation et de fraternité, comme l'a dit le LGOC :

« Les appels à la fraternité sont déplacés quand ils visent à créer de l’impunité. C’est la notion même de fraternité qu’ils détruisent. Le délinquant ne fraternise pas avec la victime. En contraignant celle-ci à faire la fête après avoir été dépouillée, il l’opprime pour qu’elle se taise. »

Les associations qui ont prétendu défendre des copropriétaires sans avoir respecté les principes de vérification et de regard croisé sont donc constituées de filous avec lesquels chacun à le devoir de ne pas travailler tant qu’ils n’auront pas accepté d’être pénalisés pour compenser le mal qu’ils ont fait par le passé.

N’oubliez pas que ceux qui collaborent avec les filous, par lâcheté, par confort ou par appât du gain, sont aussi coupables que ces derniers.